Matin noir, tout à l’heure
c’est le soir je n’ai plus peur
arrache-moi cette fleur
elle a poussé sans prévenir
en pleine poitrine en plein cœur
se soûlant de mes pleurs
elle boit mon désespoir
je n’arrive pas à croire
Je n’ai plus de mémoire
Fleur de papier d’un chapeau
fleur de pierre du tombeau
Une complainte de cachot
un chant de derrière les barreaux
d’un cœur sous cadenas
et dans ces carcans-là
nul salut, nul au-delà
Paradis, Nirvana
Sur une route naufragée
le chant s’étouffe, ravagé
il est emmuré
la douleur, le bonheur
je m’en moque, ce n’est qu’un leurre
qu d’ penser à demain
sans trembler des mains
une idée sans fondement
qui brille et qui s’éteint
Fou de joie – mort de chagrin
et le monde incertain
suit son amer destin
Souvenirs sans avenir
la lune ment comme elle respire
demain – me fait pas rire
ne me console pas
plus d’illusions, plus de désir
j’en rigole j’en délire