Le mal du mâle

Le mâle se réveille, viril et sommaire

Somnolent je sens mes membres tremblants

Musclé et vaillant, il fait son rêve millénaire

Quel est donc ce héro si fort et puissant ?

Il érige le phallus, puissant et fier

Érection frêle – souvenirs stimulants

Comme un porte-drapeau, un paratonnerre

Elle tremble comme une branche frémissant dans le vent

 

Haut perché sur la mère

Je m’en mêle les pinceaux dans mes tourments pubiens

Il ira à l’usine, il revient de la guerre

J’ai peur comme un enfant de la bagarre qui vient

Il a le sens de la science, il persévère

Y a des choses que je ne comprendrais jamais

Il est la raison, Schopenhauer

Comme la beauté de cette toile d’araignée

 

Refr.: J’suis pas normal, j’ai le mal du mâle

Mal élevé, je m’fais la malle

J’suis mal versé, comme du liquide lacrymal

Dans les normes mâles, le mal du mâle

 

Il est l’effort, la nation, le prolétaire

Je déteste courir derrière un canon

Les émotions, c’est pas son affaire

Je suis plus ZAKARSCHOUK que Napoléon

Voici le soldat, le chasseur, le frère

Monsieur le Président, je m’en vais déserter

Penseur, bâtisseur, stratège, militaire

Vos fières confréries m’ont toujours effrayé

 

C’est lui la lignée, il est le père

Comment m’affranchir de cette camisole ?

Il prend la femme comme on prend la terre

Fantasme affligeant du surhomme agricole

De la chair de putain ou l’antre de la mère

Parfois j’ose rêver enfiler des bas

Et inonde la vierge de sa semence austère

Il en reste souvent des traces sur les draps

 

Refr.2: Et je me lève, la tête à l’envers

Le maxi mâle, mais c’est un enfer

Et je m’écris : écoutez-moi, bons apôtres bruit

Un jour nous serons « des sorcières comme les autres »