Cabaret métèque

Perdu dans les ruelles sombres de nos songes éblouissants

nous enfin prêts à souffler lentement sur nos rêves ardents

ne nous pressons pas, dégustons la fête avant de la manger

pas de train à rater ce soir à part notre inavouable espoir

Abolir le temps, le temps qu’il faut, il court trop vite, il est trop lent

tôt ou tard nous n’attendrons plus de retarder le moment.

un appétit affronte l’horloge, n’est pas seconde, n’est pas à vendre,

pas celui-là, l’étreinte éternelle ne durera pas

On le savais, c’est joli parfois de se perdre, raconte-moi

t’es là, toi aussi ? Viens donc faire un tour hors-la-loi

raconte-moi ces belles histoires de cœur, d’indicibles douceurs

pour lesquelles les mots d’aujourd’hui, hélas, n’ont pas l ‘épaisseur

Salut à toi, frémissant comme le vent sensuel de Bretagne

qui exagère et qui s’enrage comme l’orage en montagne

qui danse la foule, se soûle de solitude : allégresse de tristesse

toi qui est toujours là, mais qui ne te soumettra pas

Les guitares s’accordent et on démarre au bar de l’art des grands écarts

un bateau ivre sort du port ; son sort c’est lâcher les amarres

les voix déraillent, les cœurs s’emballent, les corps se noient dans les marrées

au fond des eaux sentimentales, il y a à rire et à pleurer

Les portes s’ouvrent, comme nos cœurs fébriles, aux incidents majeurs

le rideau tombe en poussière, les yeux de braise brûlent l’atmosphère

histoires sombres d’immenses démences, le poète boit un coup sec

cette nuit s’annonce intense dans notre cabaret métèque